09.05.2007

Expérience vers un autre possible


 

Le processus du Forum Social Mondial existe depuis 2001...c’est une humanité en lutte qui avance mais un premier scoop : il n'y aura pas de Forum Social Mondial (FSM) en 2008 !

 

Beaucoup reprochent au Forum de n'être qu'un lieu de débat où, entre deux rassemblement, la marche vers un autre monde est toujours repoussée au lendemain.

 

Alors, cette année, le conseil international, véritable colonne vertébrale du FSM a tenté une expérience : la création d’un quatrième jour de débat entièrement consacré à la convergence des luttes qui s’intègre dans le processus de réflexion et de rencontre du FSM.

 

La première étape de ce processus, en amont du rassemblement, a été l'agglutination. Ce terme étrange désigne l'émergence des 9 principaux axes de travail du Forum par le regroupement des thème de travail suggérés par les organisations de base s'inscrivant dans le processus du FSM ( toutes organisation et individus sauf les organisations militaires et les représentant des partis selon la charte des principes du FSM)

 

Ensuite la deuxième étape fut « le chaudron FSM » proprement dit avec ses manifestations en continu pour la reconnaissance du Sahara occidental, de l'abolition de la dette, des droits des femmes, des handicapés, des migrants... et bien sûr la centaine d'ateliers, de séminaires, de conférences en simultanés de 9h00 à 20h00 durant trois jours non-stop. Ce premier Forum africain à permis la tenue de 1200 ateliers et de favoriser les échanges et connexions entre les 60 000 participants représentant 140 nationalités.

 

Enfin, la troisième étape a été le 4ème et dernier jour du Forum.. Le conseil international a demandé aux organisateurs et participants des ateliers d’élaborer des propositions communes et de les rassembler autour de 21 thèmes emblématiques (migration, éducation, santé, eau, dette, paix…) pour rendre visible les convergences des altermondialistes du monde entier.

Pour cela, l’équipe du « Memory Project », nouveauté de cette année, a collectée tous les comptes rendus, photos, sons, vidéos. Un site Internet permanent a été créé, www.wsfprocess.net, pour diffuser ces travaux et favoriser la création de groupes de discussion.

Lors de cette journée de convergence, plus de 400 propositions communes ont été construites. De cette façon, cette troisième étape du processus permet à chacun de prendre connaissance des débats et décisions collectives élaborées durant le FSM et de maintenir le contact et la réflexion. Ceci afin d’enraciner l’idée d’un « autre monde possible », du mouvement global à l’action locale sur la base de campagnes de mobilisations thématiques avec un calendrier commun pour tous les altermondialistes.

 

Pour Gustave Massiah, un des pères fondateurs du Forum, cette orientation va vers un accomplissement des objectifs pour « créer une culture commune du dialogue, de l'horizontalité et de l'autogestion, permettre la rencontre, l'échange et la convergence des réseaux et enfin rendre plus visible les mobilisations ».

 

Avec le label Forum Social Mondial

 

Donc en 2008, pas d’évènement mondial unique mais des milliers d'actions organisées au niveau local aux même dates que le Forum Economique de Davos, le 26 et 27 Janvier prochain.

Les réseaux altermondialistes porteront ainsi sur les même luttes et propositions issues de 21 thèmes prioritaires de 2007 sur la planète entière avec le label « Forum Social Mondial ».

En 2009, tout est possible !

Citation du Mercredi

Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page...

07.03.2007

Voyages...mouvements et sentiments

Roissy, Aéroport Charles de Gaulle, 7h00 du matin. Premier vol long courrier, premier départ pour l'Afrique. Au café, je croise un rochelais, l'amoureux d'une bonne copine qui revient avec un nouvel ami américain de La Paz. Discussion rapide, nous échangeons nos bonjours aux personnes que nous connaissons.

Embarquement dans l'avion, personnel noir, anglophone et serviable : premier contact avec le Kenya à travers sa compagnie aérienne. Au dessus de l'Italie, le commandant de bord nous invite à regarder les Alpes. C'est magnifique, mes rêves d'adolescent ressurgissent sans prévenir.

Arrivée à Nairobi, rencontre avec Stephen notre excellent chauffeur de 4X4 qui nous emmènera en brousse dans « le vrai Kenya ». Mais lui qui rêve de faire voyager sa famille ne reviendra pas avec nous, son « Hakuna Matata »ne pouvant réparer les alternateurs….

Première semaine... nous gagnons un faux départ pour la brousse. Nous sommes condamnés à errer dans le chaos urbain, sonore et routier de Nairobi. Nous recherchons alors des informations sur le Forum Social Mondial qui doit faire venir les altermondialistes du monde entier…mais les Kenyans et les Africains seront-ils là ?En tout cas, notre monstre d'acier, qui devient notre maison roulante, et nos allures de visages pales nous ouvrent toutes les portes.

Un petit temps d'acclimatation et nous osons nous promener à pieds à travers Nairobi, au milieu des gratte-ciels et des bidonvilles…ville paradoxale où, fasciné par les immeubles et les couleurs du ciel, je lève la tête tout en regardant où je mets les pieds, parmi les escrocs et les égouts à ciel ouverts.

Deuxième semaine, chacun cherche son bus : petits pour les Français et gros pour les Américains… malgré la barrière de la langue tout s'apprécie, se négocie…on s'entraide, on se fait la tête, on ne dit pas toujours tout, mais on s'exprime beaucoup… les paroles se posent, s'envolent et se dispersent…les personnes luttent, se rencontrent, se questionnent et parfois, arrivent à aimer. Le chaudron du Forum Mondial s'active et trouve son rythme. Ici, des liens se créent et l'humanité en lutte, dans ses faiblesses et sa grandeur, est palpable.

Troisième semaine, nous découvrons enfin les réalisations de notre partenaire, le Communauty Museum of Kenya, avec les population locales. Alors nous marchons au milieu des forêts fossilisées et sur les traces des premiers hommes. Nous faisons les touristes et les justiciers, nous buvons de la bière "éléphant" et du lait caillé au miel.

Le dernier matin, nous apprenons à pousser nos 4x4 et à paver la piste de la veille transformée en coulée boueuse … esclaves de nos machines. Sous le soleil de plomb de l'aprés midi, au lieu de perdre la boule, on improvise une pétanque…et finalement nous laisserons nos chauffeurs et voitures en arrière.

Nous marchons un peu et prenons une longue pause au bord de l'eau. Et surgissant de nulle part, des vendeurs à bicyclette nous livre du Coca-cola… nous prenons nos bagages, et enfin nous rejoignons un premier « matatu », un combi wolkswagen reconverti en bus privé de 12 personnes…Direction Nairobi. Nous roulons de nuit malgré toutes les mises en garde contre les pirates de la route.

Le surlendemain nous rentrons sur Paris via Amsterdam. Le vol dure dix heures, soit deux de moins que les derniers 30km à travers la brousse…  changement radical, les bornes Internet de l'aéroport batave, le survol des routes de la Belgique,immenses tentacules lumineuses m'impressionnent…Bienvenue en Europe ! A Paris, le taxi français n'est pas aimable, c'est une bretonne égarée depuis trop longtemps à la capitale.

Aprés une pause d'une nuit chez Marion, mon amie parisienne de toujours, je croise Gaëlle, ma super colocatrice, originaire de la Réunion, sur les quais de la gare. On se fait la fête, je lui passe ma moustiquaire, elle me donne des nouvelles de la maison…elle quitte son nouvel amoureux pour le Mali, elle avait prévu de partir longtemps mais elle reviendra sûrement plus tôt, d'ici deux mois.

Deux semaines après, un samedi à Paris, a lieu la dernière réunion de l'équipe française du CRID partie au Kenya. Après les retrouvailles joyeuses avec certains compagnons de Nairobi, le lendemain, je rejoins Laurence à la gare Montparnasse. C'est mon autre colocatrice et aussi ma confidente, originaire de Nouvelle-Calédonie. Elle arrive de "la Belle Verte", notre maison, en train avec tous ses bagages. Je prends soin de ses affaires et nous discutons un peu. En attendant sa navette pour l'aéroport, je la serre dans mes bras. Elle s'envolera ce soir pour un stage de six mois à Tahiti… J'ai froid en métropole, mais promis, elle embrassera pour moi les poissons colorés de la barrière de Corail et à son retour nous fêterons ensemble mes trente ans.

Ainsi, je rentre seul en train à La Rochelle. A l'arrivée, je suis à pieds et il est tard, alors je fais du stop…Une voiture s'arrête, elle veut bien me rapprocher. Quelques kilomètres après, je remercie le chauffeur et sourit après avoir échangé quelques mots avec lui… c'était le conducteur du TGV qui, enfin, rejoignait sa famille.    

Alors, aprés tout ça, je me dis que les voyages longues distances ne favorisent pas toujours l'amour, mais révèle souvent les amitiés.

Jérôme